Actualités du Ministère des Outre-Mer

Discours prononcé par la ministre des Outre-mer à l'occasion de la cérémonie des vœux

 
 

Mesdames et messieurs les Députés,
Mesdames et messieurs les Sénateurs,
Monsieur le Directeur général des Outre-mer,
Monsieur le Commandant du service militaire adapté,
Mesdames et messieurs,
Chers amis,

Je  suis  particulièrement  heureuse  de  vous  accueillir  aujourd’hui,  ici,  au  sein  du
Ministère des Outre-mer. Je l’ai dit dès mon arrivée rue Oudinot : ce Ministère est votre
maison et je souhaite qu’elle soit, à l’image de nos territoires, ouverte sur le monde.
2016 fut une année importante pour les Outre-mer. Elle fut riche en joies, en succès et en
fierté.
Fierté lorsque la Guadeloupe accueille la prestigieuse Coupe Davis ou expérimente, pour  une
première mondiale, un dispositif de télé-échocardiographie!
Fierté lorsque les sportifs originaires des Outre-mer –  Daniel NARCISSE,  Emilie ANDEOL,
Mehdy METELLA  et je ne peux malheureusement pas tous les citer tant ils sont nombreux !
-  décrochent  des médailles  d’or, de bronze ou d’argent  dans la plus difficile des compétitions
sportives de la planète, les Jeux Olympiques ! Et quel merveilleux symbole, pour les Outremer comme pour notre pays tout entier, que le porte-drapeau de la délégation tricolore soit un
Ultramarin ! Vous avez peut-être entendu parler de lui, il s’appelle Teddy RINER.
Fierté, là encore, lorsque La Réunion est consacrée par le label French Tech pour l’excellence
de son écosystème spécialisé dans la santé connectée.
Fierté lorsque Saint-Pierre-et-Miquelon célèbre, dans la joie et l’allégresse,  le bicentenaire de
son appartenance à la France !
Fierté toujours lorsque Miss Guyane devient,  pour la première fois de l’histoire du concours,
Miss  France !  Certains  n’y  verront  tout  au  plus  qu’une  anecdote.  J’y  vois  au  contraire  le
visage de la France océanique !
Oui, mes chers amis, nous pouvons être fiers des Outre-mer !
Tout  au  long  de  ce  quinquennat,  nous  avons  voulu  récuser  une  logique  qui  s’était
insidieusement  installée concernant  ces  territoires.  Ils   constitueraient  une  sorte  d’autre
France, où les principes de la République pourraient ne pas être totalement appliqués.
Je le dis avec force : les Outre-mer ne sont pas une demi-France. Ils ne constituent pas
une  marge de la France. Ils sont la France ! Ils font partie intégrante et constitutive de
notre Nation !
La  France ne serait pas la France sans  les Outre-mer !  Soyons  donc  fiers  de la diversité de
notre pays !
C’est  cette  fierté  que  depuis  2012  nous  avons  voulu  redonner  à  tous  nos  concitoyens
ultramarins.
Redonner de la fierté aux Outre-mer impliquait  d’abord de faire revenir l’Etat dans ces
territoires.
Le  précédent  quinquennat  fut synonyme d’un  certain   désengagement de la part des pouvoirs
publics.
Cette  politique  dite  de  « développement  endogène »  impliquait  concrètement  une  baisse  du
nombre d’agents publics, des  commissariats,  des hôpitaux ou des écoles en dépit des  besoins
importants de nos concitoyens.
Ce retrait de l’Etat au sein de nos territoires provoqua  de graves émeutes en Martinique et en
Guadeloupe  en  2009  puis  à  Mayotte  en  2011  ainsi  qu’une  sévère  récession  dans  tous  les
Outre-mer.
Nous savons, nous, que les Outre-mer ont besoin d’investissements et d’un engagement
résolu de la part de l’Etat.
Je veux ce soir tordre le cou à une idée lancinante : les Outre-mer ne quémandent pas
d’argent public. Ils ne demandent que l’égalité.
Il  est  ainsi  normal  que  des  territoires  ayant  des  contraintes  géographiques  importantes  –
l’insularité,  le  relief  ou  les  conditions  climatiques  –  aient  besoin  de  davantage  de  soutien
financier.
Oui, il est plus difficile et plus coûteux de produire de l’électricité pour l’île de La Réunion ou
la Guadeloupe  que pour l’Hexagone. Que devriez-nous déduire de ce constat ? Qu’il ne faut
pas produire d’électricité pour ces territoires ? Non,  cela implique que  l’Etat doit être encore
plus volontariste dans les Outre-mer qu’ailleurs ! Ce n’est que justice !
C’est  pourquoi,  à  l’opposé  du  retrait  silencieux  de  l’Etat  de  2007  à  2012,  nous  avons
renforcé les budgets en faveur des Outre-mer.  Ils furent constamment, de 2012 à 2016, audessus des 2 milliards d’euros.
Et les résultats sont là :  au niveau global, pour les cinq départements d’Outre-mer,  le
taux  de  chômage  a  baissé  tout  au  long  de  2016.  Encore  plus  satisfaisant,  cette  baisse  du
chômage concerne particulièrement les jeunes et là encore dans tous les Outre-mer.
Je  veux  également  évoquer  Mayotte  car  la  départementalisation  de  ce  territoire,  en
2011,  fut  réalisée  dans l’impréparation  la  plus  complète.  Depuis  notre  arrivée,  en  2012,
nous avons déployé des efforts sans pareil pour le  101 ème département de France !  Là encore, des progrès notables ont été enregistrés !
Nous  avons  par  ailleurs  voulu  faciliter  très  concrètement  la  vie  quotidienne  de  nos
concitoyens ultramarins.
C’est pourquoi, dès notre arrivée en 2012, une loi contre la vie chère a été adoptée : elle  fut
d’ailleurs  la première loi du quinquennat. Le Projet de Loi Egalité Réelle Outre-mer que je
défends  au  Parlement  sera  quant  à  lui  peut-être  la  dernière  loi  à  être  votée  lors  du
quinquennat.  Vous  le  voyez,  d’un  bout  à  l’autre,  ces  cinq  années  ont  eu  pour  priorité
absolue nos concitoyens ultramarins.
Redonner de la fierté aux Outre-mer  impliquait également de les replacer au cœur de la République.
Les  territoires ultramarins  firent l’objet du plus grand intérêt jusqu’au plus haut sommet de
l’Etat. En se rendant dans les 11 départements et collectivités d’Outre-mer, le Président de la
République a montré toute son estime et son affection pour nos territoires.
Le dynamisme du chef de l'Etat est à cet égard historique.
François  Hollande  est  le  premier  président  à  avoir  visité  les  11  départements  et
collectivités d’Outre-mer. François Hollande est également le premier président de l'Histoire
de  France  à  s'être  rendu  à  Miquelon  ou  à  Futuna.  Jamais  un  chef  de  l'Etat  n'y  était  allé
auparavant.
Ces îles, même situées à des milliers de kilomètres de l'Hexagone, font pleinement partie
de la République !
Nous avons  par ailleurs  choisi de reconnaître, d'assumer et de porter la diversité de tous nos
territoires ultra-marins.  Dès 2012, le Ministère de l'Outre-Mer  a été rebaptisé  Ministère des
Outre-mer. Ce n’est pas qu’un changement de nom, c’est un changement de conception :
la diversité n’est pas pour nous une faiblesse mais bien une force !
Redonner  de  la  fierté  aux  Outre-mer  implique  enfin  de  parachever  le  combat  pour
l’égalité réelle.
Vous le savez, malgré des politiques volontaristes conduites par l’État, des écarts de niveau de
vie importants persistent entre l’Hexagone et les Outre-mer.  Ces écarts sont indignes de la
République.
Comment accepter qu'un de nos compatriotes, parce qu'il est né ou qu'il vit dans tel territoire,
voit ses prestations sociales rabotées ou ses chances de trouver un emploi diminuées ?
C’est  pourquoi  le  Projet  de  Loi  Egalité  Réelle  Outre-mer  comporte  des  mesures  sociales
fortes  à  la  mesure  des  inégalités  qui  subsistent.  Les  montants  de  nombreuses  prestations
sociales  convergeront  dans  les  prochaines  années  avec  ceux  de  l’Hexagone.  Cette
harmonisation  était  attendue  depuis  longtemps  par  nos  compatriotes  ultramarins.  Elle  arrive
enfin !
Combattre  les  écarts  entre  les  Outre-mer  et  l’Hexagone  passe  également  par  un
changement radical de méthode comme de vision.
Le Projet de Loi porte donc une révolution d’approche. Grâce aux plans de convergence qui
seront créés par le Projet de Loi, les territoires pourront  déterminer, en lien avec l’Etat,
leurs  propres  stratégies  de  développement.  Les  politiques  publiques  seront,  dès  lors,  plus
adaptées aux besoins et aux spécificités de chaque région ou collectivité.
En  effet,  les  besoins  de  la  Martinique  ne  sont  pas  les  même  que  ceux  de  Saint-Pierre-etMiquelon  ou  de  la  Nouvelle-Calédonie.  Nous  ne  pouvons  pas  donc  pas  y  déployer  les  mêmes
actions  !  Ce  n’est  qu’en  partant  des  réalités  du  terrain  que  nos  politiques  seront  réellement
adéquates.
Je  crois  –  j’espère !  -  que  nous  avons  réussi  à  redonner  de  la  fierté  à  chacune  et  à  chacun.  Ce
sentiment est cependant bien fragile.
Face  à  la  montée  de  l’intolérance  et  des  obscurantismes  et  alors  qu’approchent  des
élections  déterminantes  pour  la  vie  de  toute  la  Nation,  la  vision  étriquée  de  la  France
proposée par certains me paraît menaçante.
Lorsque  l’appartenance  à  la  France  est  associée  à  une  prétendue  « race  blanche »  ou  à  la
religion  catholique,  je  suis  heurtée  en  mon  for  intérieur.  Les  Français  ne  sont  pas  tous  des
Gaulois.  Ultramarine,  je  me  sens  et  je  suis  Française  jusqu’au  bout  des  ongles.  Une  telle
vision de notre pays s’inscrit à l’encontre de nos valeurs et nos idéaux  républicains. Quand le
peuple  français  est  réduit  à  une  religion  ou  à  une  couleur  de  peau,  ce  sont  tous  nos
principes qui s’amoindrissent et c’est le rayonnement de la France qui s’étiole.
En 1985, l’un de nos plus grands historiens, Fernand BRAUDEL, achève l’écriture du dernier
livre de sa vie,  L’identité de la France. Et quelle est la conclusion de sa longue réflexion sur
l’identité de notre pays ? Je le cite : «  La France se nomme diversité ». Ne l’oublions pas !
A l’opposé de cette vision de la France, revendiquons fièrement notre identité plurielle.
A  ceux  qui  prétendent  que  la  France  est  une  race,  opposons  la  France  que  nous  aimons  et
connaissons.  Nous  sommes  cette  France  plurielle,  ouverte  sur  le  monde  et  généreuse,
tolérante et humaniste !
Mesdames et Messieurs,
Si j’aimerais que vous ne gardiez qu’un sentiment de cette soirée, c’est celui de fierté. Fierté
d’être Ultramarin, fierté d’être citoyen, fierté d’être Français !
Redonner ce sentiment de fierté à toutes et à tous, c’est ce à quoi je m’emploie chaque
jour.
Toutefois, les progrès obtenus n’auraient pu l’être sans le soutien sans faille du Président de la
République. François HOLLANDE a fait preuve d’une implication constante et déterminée en
faveur  des  Outre-mer  tout  comme  ses  trois  chefs  de  gouvernement  successifs :  Jean-Marc
AYRAULT,  Manuel  VALLS  et  Bernard  CAZENEUVE.  Je  veux  les  remercier  pour  leur
soutien.
Tout  n’est  cependant  pas  parfait,  je  le  sais.  Les  changements  impulsés  mériteront  d’être
consolidés et amplifiés dans les années à venir. J’espère qu’ils le seront.
Puisque  la  nouvelle  année  est  traditionnellement  le  moment  des  vœux,  je  fais  le  vœu  collectif
que  2017  soit  l’année  de  l’égalité et  de  la  fierté!  Je  fais  aussi  le  vœu,  à  titre  plus  personnel,
que  cette  année  vous  apporte  l’épanouissement  personnel  et  professionnel,  une  excellente
santé  et  de  nombreux  moments  de  bonheur  avec  vos  proches,  votre  famille  et  ceux  qui  vous
sont chers.
Excellente année à toutes et à tous !